hostile la nature !

9062010

                                                                                                                                                                                                     Lundi 1er mars 2010

Je jure solennellement sur ce que j’ai de plus cher en ce milieu hostile, la trousse à pharmacie : d’éviscérer ce maudit toucan, de me faire de son bec un pendentif d’un sautoir, qui sera le symbole de mes pas sur le sentier d’Artémis et de manger à plaine dent sa chair l’entement rôti sur une pique. Il m’a encore bousillé un pantalon et une paire de boots en m’agrippant la cheville droite avec son bec disproportionné. Pas prête de donner un cents au WWF pour sauvegarder ce maudit volatile.

Moi qui me tracassait des mygales, serpents et autres scorpions. L’ennemi n’est jamais là où nous le pensons !




Les apprenties baroudeuses

27052010

                                                                                                                                                                                               Dimanche 28 février 2010

L’accès à l’électricité m’a pris deux jours de recherche.

La première soirée a été fort agréable. Une petite veillée aux doux sons des animaux et esprits de la forêt, l’air saturé par l’odeur des répulsifs. A ce propos, au retour faut que Je me renseigne sur les composants de ces produits. Je crains que tous les peelings ne parviennent pas à ravoir mon grain de peau après cela, une goutte de répulsif maladroitement tombée sur ma lampe poche en a tout de même effacé les inscriptions, sous les regards ébahis de mon groupe d’apprenties baroudeuses.

J’ai fait la connaissance d’un charmant couple de Sud Africains en voyage de noce. Je crains de ne pas  avoir tout saisi vu mon anglais rudimentaire et leur terrible accent et expressions afrikaners.  Tout en sirotant de délicieux cocktails à base de jus de canne à sucre, ils m’ont narré à l’aide de mimiques et de grands gestes leur séjour chez une tribu amérindienne et leurs découvertes gustatives, ainsi que les coliques de sa douce et tendre. Rien de tel pour renforcer la complicité !

La première nuit a été assez folklorique. Le coucher a ouvert la danse.

 Après ces péripéties, j’avais hâte de m’allonger au creux de mon  cher petit lit douillé ,et surtout luxe suprême, surplombé d’une précieuse et indispensable moustiquaire.

Telle ne fut pas ma surprise, en poussant la porte d’entendre des sanglots, la nature avait déjà vaincu une aventurière en herbe. Telle une furie, elle m’exposa sa tignasse et me fit contempler son cuir chevelu déformé par les piqûres de moustiques quelques lambeaux de peaux arrachés par les vestiges d’une french manucure qui n’avait pas résistée à une croisière en pirogue  et à deux chutes dans les fourrés. Entre deux sanglots, je parvins à comprendre que cette malheureuse avait accepté de braver ce milieu pour séduire un homme qui n’avait cure, d’elle pour lui démontrer qu’elle n’était pas la une rousse superficielle qu’il croyait.

 Entre deux sanglots, j’ai eu la confirmation de l’usurpation de son roux lumineux. Dans un ultime geste de coquetterie pour rester belle et pimpante, l’œil vif et le cheveu brillant, elle avait fait un henné. Cette première soirée fut donc bien instructive, à ses dépends on apprit donc que le henné

faisait l’effet pour les moustiques de Jimmy Choo pour une fashionista. Il ne lui restait plus qu’à porter un foulard jusqu’à la fin du séjour.

Quelques barres chocolatées ingurgitées, je pu enfin rejoindre ma couche. Le sommeil tarda à venir à cause des dimensions du lit, je ne suis pourtant pas bien grande, mais là le challenge était de taille :

-          Dès qu’on bouge, il faut veiller à ne libérer aucun pan de la moustiquaire pour ne pas se réveiller toute boursoufflée, le corps brûlant par endroit comme sous la caresse sadique  d’orties

-          Les pieds ont une fâcheuse tendance à dépasser du cadre de 80 cm sur 1m 80.

-          Le bruit assourdissant des dizaines moustiques hélico prêts à s’engouffrer dans le moindre interstice.

Mais comment peut-on venir dans un tel lieu pour un voyage de noce alors qu’il y a les Antilles ou les Seychelles !

En pleine nuit, nous avons  toutes été réveillées par une série  de cris perçants venant du lit situé à côté de la dernière petite fenêtre. Toutes empêtrées dans nos draps et moustiquaires, ma voisine alluma une lampe. Les cris d’hystérie provenait d’une malheureuse qui n’avait pas supporté le massage faciale gratuitement offert par une blatte géante, de celles qu’on doit disséquer bon gré mal gré,  en cours de SVT. Les cris redoublèrent, lorsque je soulevai son oreiller. Une famille de blattes détala pour trouver refuge dans un coin sombre façon  Kafka.

Le réveil fut le parfait épilogue de cette nuit.

 Dès les lueurs du jour, tremblantes ou tétanisées par la peur selon nos natures respectives, pour ma part, le drap remonté jusqu’au niveau des pommettes en dépit des 28°C ambiant, nous écoutions une sorte de mugissements venus de la nuit des temps. Dans une litanie, je me persuadais que Jurassic Park n‘était qu’une fiction.

Une demi-heure plus tard, notre sauveur pointa le bout de son nez. Le Vendredi tant attendu, qui n’en avait pas la tenue, tout blanc revêtu d’un ensemble sports wear nike. Nous  informa dans un rire contenu que la bande sonore provenait d’une ribambelle de singes hurleurs à quelques centaines de mètres des lodges.




Un remake de la forêt d’émeraude

17052010

                                                                                                                                     Vendredi 26 février 2010

Après 5 heures de pirogue, des litres d’eau jaune limoneuse et des centaines de champs de jacinthes d’eau, nous avons enfin gagné la terre ferme. Quoiqu’ici cette notion soit très relative, notre camp de base est  constitué de 4 ensembles de bâtiments disposés en quadrilatère. Les dortoirs homme et femme ont vu sur le bras de l’Orénoque, tandis que les sanitaires et l’espace commun : cuisine, aire de repas et salon, sont à l’orée de la forêt.   Le hic est que chaque bâtiment est relié aux autres par des sortes de pontons. Il semble que couper au travers même si à deux heures du mat on est pris par une furieuse envie de pipi ou pire de tourista , on doit se taper tout le périmètre, toute diagonale étant fatale, en raison de l’enfer végétale obstruant le passage bien englué dans un sol très meuble. Mes tongs sans souviennent encore. Paix à la gauche .

L’ensemble est plutôt cosi, si on aime toutefois le style Robinson. Le dortoir des femmes possède dix petits lits avec des moustiquaires  disposés en deux rangées sagement alignées. La touche féminine se résume à trois paires de rideaux roses à fleurs encadrant les petites fenêtres. J’ai hâte de faire la rencontre de Vendredi !

Je dois exceptionnellement arrêter d’écrire. En milieu équatorial, la batterie a un peu de mal. Je dois me lancer dans la quête d’une prise électrique.




Vive le tourisme de masse !

14052010

                                                                                                                                                                                                        Jeudi 25 février 2010

     Le petit groupe que je vais me coltiner pendants trois semaines ne me réjouis guère. J’ai eu tout le loisir de les découvrir au cours du premier repas. Repas qui s’avéra d’ailleurs un véritable casse-tête pour le restaurateur. A mon avis, il n’est pas prêt de garder une réservation pour des Français. C’est vrai qu’il est inadmissible de ne pas avoir d’entrecôte frites ainsi que de la baguette dans un resto comme l’a mentionné à plusieurs reprises le couple de quinquagénaires estomaqués par le manque de prestation du tour opérateur, sans compter les va-et-vient de la salade d’Agnès jamais assez bien assaisonnée et tout son cirque autour d’une bouteille d’eau mal décapsulée. J’allais oublier son chapelet sur les maladies tropicales. C’est bien connu qu’à la première gorgée de flotte locale on a le virus Ébola garanti ! Pour la paraphraser « Il ne faut pas s’étonner que le tiers monde aille mal, ils ne sont même pas capable de prendre une commande ». C’et sûr que dans son espagnol approximatif avec des poussées gutturales à la Shakira, elle a eu du mal pour faire comprendre les ingrédients justement dosés de sa vinaigrette. C’est tellement « too much » de manger la bouffe nationale du pays quand on peut faire chier son monde comme despote du nord.  

                                                                                             

Comme dans tout groupe j’ai eu le droit à mon quota de lourdauds. La métropole lilloise nous en a fait parvenir deux spécimens bientôt trentenaires. A table nous avons pu nous rendre compte de l’étendue de leur art. Ces deux derniers abrutis se sont donnés l’année passée un challenge des plus alléchants : sortir avec tout le zodiaque. A chaque mois sa fiancée. Ils ne se sont pas gênés pour nous psychanalyser, des pelletées d’inepties pour chaque signe. Dans mon malheur j’ai eu de la chance le Laurel du nord à l’annonce du mien a conclu que nous étions incompatible. Quelle tragédie !




Amérique latine me voilà !

10052010

                                                                                                                                                                                                Mercredi 24 février2010

Amérique latine me voilà !

J’ai réussi le parcours du combattant des nouveaux voyageurs désireux de s’embarquer. Je suis ressortie des portiques de sécurité comme un vrai sapin de noël : ceinture sur l’épaule, chaussure dans la main droite, lanière du sac entre les dents, pull et manteau coincés sous le coude gauche et bijoux et élastique dans la main gauche. Il est vrai qu’il est assez courant de dissimuler une grenade dans les chignons. A quand la blouse verte des urgences ouverte derrière, ce qui facilitera la recherche anale des dentifrices ou shampooings planqués par tous les passagers en quête d’un peu d’hygiène.

                                                                                             

Je suis dans l’avion que depuis deux heures, mais je n’en peux déjà plus. La classe « tourisme de masse » est assez proche de la bétaillère, la bouffe est insipide, une hôtesse maquillée à la truelle, les yeux un peu trop smoothie, façon je suis tombée dans le poudrier turquoise m’a tendue de façon autoritaire mon plateau.  Je mâchonne tant bien que mal le pain caoutchouteux, même pas un peu de beurre pour l’agrémenter. Une sorte de terrine de légume tricolore, celle qui était en vogue dans les années 80 me fait de l’œil au fond d’un ramequin en plastique griffé au logo de la compagnie. Heureusement qu’il y a le vin pour faire descendre tout ça.

 

                                                                                             

Le pire est ma charmante voisine, qui ne cesse de tarir d’éloge sur l’équilibre de ce plateau repas. « Cette compagnie est vraiment au top de la diététique ! » répète- t- elle en boucle. Je sens que je vais lui faire bouffer sa cassette. Le rat transgénique, enfermé dans le sac-chien du mec  de derrière  ponctue la logorrhée de ma voisine.

Une fois le plateau repas ramassé, j’ai cru qu’elle allait la boucler. Que je suis naïve !

Sans le savoir, je me retrouvais en compagnie d’une espèce toxique pour son entourage et fort heureusement unique. Après les exercices respiratoires dictés par la compagnie, qui a le cynisme de nous exposer un mannequin qui se trémousse version yogique sur un ponton au milieu du Pacifique, alors que nos genoux sont encastrés dans le siège de devant, cette chère voisine a trouvé de bon ton de me coller sous le nez un album photo contenant des  clichés de son appartement ainsi que de ses objets de valeurs, comme elle dit «  on est jamais assez prudent avec les assurances ».

Une chose est sûre, pour paraphraser un existentialiste : « l’enfer c’est les autres » et Agnès , je peux la nommer par son petit nom, vu que j’ai également eu un abrégé de son Etat civil, n’est pas un sbire des bas fonds de la légion mais une réincarnation de Lucifer

Encore 6 heures de vol.

 Assommez- moi seigneur !




A l’aube d’un nouveau jour

18042010

                                                                                                                                                                                                   Lundi 22 février 2010

 

J’arpente le nouveau sentier de mon existence. Après moult hésitations et tâtonnements entre les différents séjours aux antipodes de la ville boueuse que peuvent proposer les sites de voyage à prix cassés, j’ai opté pour une sorte de safari photos au nouveau monde. Je suis par conséquent dans l’impossibilité de poursuivre aujourd’hui mon acte narcissique quotidien, parler de ma vie à toute la planète grâce à cette récente invention : le blog.

En y songeant, c’est plutôt comique, contrairement aux filles pré pubères de mon âge, je ne me suis jamais amourachée pour un calepin à l’odeur de déo de chiotte,  fermé religieusement par un cadenas, qui saute à la moindre pénétration d’une quelconque épingle. Comme quoi, avant l’invention de ce passeport pour le voyeurisme/ exhibitionnisme  à grande échelle, je n’avais jamais éprouvé l’impérieux besoin de me confier à une page blanche, du style « cher journal, je ne supporte vraiment plus Audrey, elle s’est encore moquée de mes putains de bagues ! Crois-tu que l’indifférence de Matthieu , cache en réalité sa passion pour moi ? » Trêve de niaiseries, pourquoi se taper des pages d’écriture si personne ne les lit ?

Fin des digressions. Avant de me barrer , j’ai  une série de vaccins à subir pour me protéger d’une palette de maladies dont la simple évocation fait froid dans le dos. Je dois obtenir une certificat médical pour dépression, à mon avis ça ne sera pas le plus dur vu ma gueule, un commentaire désobligeant sur ma récente prise de poids de la part du doc et je m’effondre en sanglot, et si mes talents de comédiennes me font défaut, pour une fois ma période prémenstruelle me sera utile à quelque chose.

Le côté excitant est le nouveau domaine de shopping dans lequel je vais pouvoir me délecter. A contre cœur, je dois renoncer à emporter ma garde de robe traditionnelle pour plusieurs raisons :

1-      Le poids, je ne suis pas comme une fourmis , je suis incapable de porter dix fois mon poids. La sélection risque d’être délicate pour mes nerfs.

2-      Les louboutins ne sont pas assez tous terrains, même si dans le domaine urbain elles ne s’en sortent pas mal, et sont même indispensables pour le fameux : shopping- dîner- vernissage- boite.

3-      Mon it bag prada, ne sera pas assez grand pour tout mon paquetage

Le hic est que je ne connais pas les boutiques dans lesquelles je dois faire mes emplettes, j’ai donc dressé la liste des adresses des enseignes sportives allant du décathlon à la Madeleine, jusqu’au vieux campeur à côté de la Sorbonne. Vu leurs sites, j’ai quelques appréhension quant à leurs collections ! Suis-je la seule à vouloir interdire les fringues en polaire !




Tu t’es vu quand t’as bu ?

15042010

                                                                                                                                                                                        Dimanche 21 février 2010

Tu t’es vu quand t’as bu ?

C’est la première pensée  qui s’est cognée aux quatre coins de ma caverne crânienne  en me regardant dans la glace ce matin. De la vase semblait sortir des orifices et des orbites de ma trogne, en plus j’avais une coupe digne d’un york avec des dreads. C’est juré avec la fin de ma jeunesse s’achève la période vodka forever ! Je ne veux plus en consommer sous n’importe quelle forme, je le jure je n’absorberai plus aucun verre de vodka- pomme, cerise, fraise, malabar … et tout le reste de  la coupe de fruits. Rien que d’en reparler j’ai envie de gerber !

En théorie à trente ans on tient l’alcool, ce postulat est faut, c’est une autre satanée légende urbaine. A trente ans, tout comme le reste de notre corps, notre estomac et notre foie ne sont plus aptes à accueillir et filtrer les saloperies qu’on leur fait subir depuis 15 ans. Je les vois déjà sortir de ma bouche et sautiller sur mon bureau en agitant des pancartes réclament les cinq fruits et légumes frais et de me convertir aux principes alimentaires ayurvédiques.

Je veux bien faire des efforts, mais ils peuvent aller se faire foutre pour le bol de quinoa, les galettes de riz soufflet et le tofu !

Mes chères amies ont failli rajouter à leur lamentable forfait mon coma éthylique. Après avoir lourdement été lâchée, côté pathétique, je n’ai plus aucun complexe.

Il faut absolument que je fasse quelque chose. Je ne peux pu vivre de cette façon.

Adieu monde parisien cruel. Je me casse très loin de toutes ces futilités. J’ai besoin d’un break.




Ma vie, cette tragédie !

9042010

                                                                                                                                                                                  Samedi 20 février 2010 22h00

Que dire ?

En bref : 30 ans et une vie de merde !

Cette nouvelle décennie débute bien mal. Une seule chose me permettait de ne pas sombrer : mes amies ! Eh bien, c’est encore un domaine dans lequel je me suis bel et bien plantée !

Histoire de faire passer la pilule, nous avions opté pour resto japonais  qui venait juste d’ouvrir  derrière l’opéra, à côté de la rue sainte Anne. Un de ceux que j’affectionne avec un maestro des sushis qui dresse des petites assiettes aux prix indécents  devant les clients affamés qui face au virtuose des couteaux font des oh et des ah admiratifs, en repensant à la pulpe de leurs doigts meurtries lors d’une tentative de copiage

Comme toute parisienne désireuse de faire languir mes convives, je me pointais avec une demi-heure de retard, un sourire de satisfaction en pensant à mon  entrée fracassante et aux regards envieux caressant ma nouvelle acquisition : de sublimes princess  bride. Petite description pour celles un peu à la ramasse en shoes : d’élégantes babies noires avec des talons vertigineux, à trois brides à bout ouvert, Dolce et Gabbana. Des joyauuuuuux ! Comme je l’ai déjà mentionné, il faut bien que je fasse passer cette satanée pilule !

J’ai cru fondre en larme en voyant la table dressée et immaculée déserte, même pas un foulard ou une  veste sur une banquette qui indiquerait qu’une des filles est partie en grillée une à l’extérieur. Rien, nada.

En y repensant j’ai à nouveau un tsunami au niveau des canaux lacrymaux !

Telle une furie, je me suis acharnée sur mon portable pour relire les textos, dans l’espoir d’une erreur de resto ou d’un petit message du type « dsl sui en retar ». rien, pas même un mail ou un message vocal. Je devais me rendre à l’évidence, elles m’avaient toutes oubliées.

Un verre de bordeau plus tard et 5 messages téléphoniques, je restais seule à cette immense table, la tête dans les mains, l’âme en peine, scrutée par les serveurs amusés de ma déconfiture. Au bout de trois quart d’heures on me fit comprendre gentiment qu’une table de six ne pouvait pas être mobilisée éternellement et que ce n’était pas une raison pour foutre un autre service en l’air, je leur coûtais suffisamment cher comme ça. Suprême humiliation !

Il ne me restait plus qu’à rejoindre au plus vite ma tanière et entrer en hibernation, d’ailleurs le temps  s’y prêtait. Pendant le trajet en taxi , mon téléphone n’arrêta pas de biper. Elles m’inondèrent de textos, rajoutant la lâcheté à leur forfait.

 

«  dsl, foot ce soir à la télé, sui obligé de gardé le petit ». C’est sûr qu’entre tous les différents tournois de foot qui prennent en otage notre télé, son connard était obligé de regardé les trois matchs de la semaine, pour voir encore son équipe se prendre une déculottée magistrale !

«  dsl g fé un peeling , je sui insortable .amuse toi bien» . Quel heureux hasard, justement aujourd’hui et en plus elle est ironique, connasse !

«  dsl débriefing surprise, je te tel ». Bien sûr un samedi, elle me prend vraiment pour une conne, j’aimerai bien voir la gueule de son débriefing !

« dsl, trente ans du meilleur ami de Thomas, tu comprends … » Non, je ne comprend pas pourquoi, le pote de son mec qu’elle ne connaissait pas un mois plutôt, passe avant son amie d’enfance. J’en ai ma claque d’être compréhensive !

«  ttes mes excuses, Paul s’est encore enfoncé une bille dans le nez, suis aux urgences ». mais il a quoi ce gosse à se foutre des trucs dans le pif , le moi dernier c’était le bouchon du dentifrice.

 

J’ai vraiment tout pour devenir une vieille fille aigrie, il me reste plus qu’à acheter un chat et des charentaises. Comme quoi, malgré cette tragédie je ne perds pas le sens de l’humour !

Je suis verte ! Mes seuls contacts humains sont désormais virtuels  et je vais tenter d’ingurgiter une pizza congelée seul support alimentaire à ma disposition dans lequel je peux planter ces maudites trente bougies !

Au secours, je sens le geek s’emparer de mon corps !  




le jour fatidique est arrivé !

4042010

                                                                                                                                                                                           Samedi 20 février 2010

On y est ! La date fatidique est arrivée !

Je dois m’y faire, j’ai trente ans !

Un de mes collègues a ouvert le bal réservé aux trentenaires de sexe féminin célibataires, avec :

« Pas trop eu peur ce matin devant la glace ? t’inquiètes , il faudra t’y faire, les rides et la culotte de cheval sont maintenant ton lot quotidien ! » suivi d’un rire gras de chambrée.

J’avais envie de lui répliquer :  « et ta connerie, elle est génétique ou pathologique ! »J’ai opté pour la bassesse : « oh mon dieu, j’ai cru voir ta femme avec dix ans de moins ce matin dans le miroir! ».

La matinée téléphonique a été des plus pathétique, entre des tantes sympas qui n’arrêtaient pas de me répéter que la trentaine c’était la décennie la plus épanouissante pour les femmes et l’âge de la maturité sexuelle. A cela je leur aurais bien répondue « à condition d’avoir un mec sous la main », mais j’ai juste enchaîné une série de « mmmh, oui, oui », pas la peine d’enlever moi-même les pelletées de ma tombe sociale toute fraîche.

 Ce qui m’a le plus tapé sur les nerfs c’est le couplet traditionnel depuis mes 25 ans : «  pour moi c’est à cet âge que tout a commencé », or lorsque l’on refait l’historique, avant trente ans, elles avaient toutes la bague au doigt, ou du moins un joli brillant en guise de promesse, voire un mouflet collé à leurs basques. C’est vrai que la comparaison est des plus perspicaces !

Le summum a été atteint avec mon oncle qui se la veut cool et qui n’a jamais pris le temps de s’apercevoir qu’il avait la cinquantaine, en raison de ses soirées à la salle de muscu , de ses trois divorces et le combat acharné avec les nouveaux chevaliers des temps modernes, une équipe de fines mouches d’avocats, toujours d’attaque pour une lutte à mort au sujet des pensions alimentaires . Ce dernier a force de lire les magazines pour cadres modernes « vieux beaux », tenta de me faire un portrait psychologique et m’encouragea à faire mon « coming out ». Il était heureux, et le pire c’est que ça avait l’air sincère, de m’avoir percée à jour, il me proposait même un petit brunch le lendemain aux Marronniers dans le marais. Moi, en tout cas, je venais d’avoir mon explication, sur les départs successifs de ses chères et tendres.

Heureusement que je vois les filles ce soir. Je pense que sans elles, je n’y arriverai pas !

Bilan en cette sainte journée :

-          Pas de mec à l’horizon

-          10 kg de trop

-          Un chapelet d’insultes compatissantes

-          Adieu aux dix plus belles années de ma fertilité

 

Eh merde, j’ai pu de mouchoir et je ressemble à un panda ! Je dois vous laisser.

 




Foutue réalité !

2042010

 

                                                                                                                                  Vendredi 19 février 2010 

J-1 avant la date fatidique et le changement de dizaine, passeport pour la décrépitude.

Avant d’aller à cette foutue soirée, je voulais encore y croire. Ma collègue Lisa avait bien insisté sur le fait que Rodrigue se pointerait à cette soirée, mais elle avait omis une chose, c’est qu’elle ne m’avait pas laissée l’exclusivité sur ce plan mâle. Et moi, toute la semaine, je souriais bêtement en pensant à ce Rodrigue que j’avais croisé 3 mois plutôt à une crémaillère et qui avait embrasé avec ses yeux pétillants et malicieux mon pauvre petit cœur qui ressemblait à celui de Frankenstein, en raison de la multitude de points de suture et d’agrafes qui lui permettait de ne pas s’éparpiller au moindre afflux sanguin.

J’avais donc choisi mes vêtements avec le plus grand soin et avais même fait passer mes fringues au « Conseil de la haute tenue » auquel siégeaient mes plus proches amies. Pour une fois, la censure n’avait  pas réduit à néant mes heures de recherches à la Indiana Jones dans le sous- continent indien qui me fait office de dressing. En un  choix collégial, la célèbre petite robe noire serait agrémentée de sublimes escarpins noirs  satin avec une boucle en strass Jimmy Choo et d’une pochette Chanel Vintage.

Une fois prête habillée, brushinguée et parée, elles m’accompagnèrent jusque sur le pallier et dans une chorégraphie bien huilée depuis des années, elles dressèrent toutes les 4 simultanément leurs mains vers le plafond et croisèrent les doigts pour moi. C’était ma dernière chance pour ne pas être célibataire et pleurnicharde pour mon anniversaire. Elles comptaient déjà faire des gorges chaudes des détails que je leur distillerais tout au long de ma soirée de non- anniversaire prévu pour demain au restaurant.

En mon for intérieur , je n’avais de cesse de répéter : «  faite que Rodrigue ai du cœur ! »

                                                                                             

                                                                                             

Je me pointais donc avec ma demi-heure de retard habituelle, la tête pleine de doux rêves romantiques chauds et sucrés chez Lisa.

La soirée se déroulait à merveille. Rodrigue cherchait le contact visuel, puis une coupe de champagne à la main, il s’installa à côté de moi sur le sofa. La complicité revint illico- presto, on s’amusait à faire un chouya en avance le débriefing de la soirée. Notre sujet d’étude anthropologique porta sur une énergumène fraîchement sortie d’une école de commerce. C’était le sujet idéal. Il incarnait à la perfection tous les travers des représentants de son espèce : échange de portable pour savoir qui avait le plus de gigas, à ce propos , je m’étonnes toujours des sursauts de notre bulbe rachidien primitif, narration des dernières vacances et compét de jet-ski, vantardises à propos des litres d’alcool qu’il peut absorber … Bref un pur bonheur , un bon petit soldat du capitalisme !

Les papillons virevoltaient déjà dans mon ventre lorsque un tsunami peroxydé se pointa sur des talons de 15  cm . Bye bye l’idylle.

Elle s’installa sur l’accoudoir à côté de MON Rodrigue et trouva la parade pour se l’accaparer et l’emmener loin de mes filets depuis cette satanée loi Evin . Elle prononça la phrase fatidique : «  tu viens sur la terrasse pour une petite cigarette ! »

Et ce connard qui me vantait il y a moins d’un quart d’heure les bienfaits de l’arrêt de la clope dans les lieux publics, la suivit comme un brave petit toutou, salivant en regardant son postérieur d’une môme de 15 ans chaloupant en raison de l’altitude scandaleuse de ses talons.

Ce fut notre dernier contact.

Abattue et dépitée, je me réfugiais dans mon antre pour pleurer tout mon saoule et cracher mon venin sur cette pétasse de fausse blonde !

                                                                                             

Je n’ai jamais eu de chance avec les fausses blondes. Cela remonte à ma prime enfance ou je ne voyais encore en elles que des amies potentielles. Mon premier chagrin fut causé par la VIP des fausses blondes, la seule et unique : barbie ! Depuis mes trois ans je lui vouais un véritable culte, compagne de tous mes jeux, princesses de mes inventions ludiques. Quelle ne fut pas ma surprise, lorsque je décidai d’intensifier nos rapports. Pour mes 7 ans, mes parents m’ont offert la barbie dernier cri des années 80 . Dans un élan d’autonomie, toute fière de savoir écrire du moins phonétiquement, je remplis fiévreuse le coupon pour faire partie du club sélecte de barbie. Il était même mentionné qu’elle viendrait pour mon prochain anniversaire. Je me voyais déjà parader en rose à ses côtés en faisant ma petite crâneuse devant mes amies vertes de jalousie ou totalement médusées.

Une fois la lettre postée, j’attendis des jours et des jours la réponse.

Cette dernière alla au-delà de mes espérances. Le couperai tomba : «  Désolé mais barbie ne peut pas être ton amie ». A cette phrase, je me précipitai en pleur dans les bras de mon paternel, qui me décrypta la suite : Barbie ne pouvait être mon amie, car grande naïve que j’étais j’avais omis de joindre un chèque avec un montant astronomique au vue de cette amitié plastique. Quand on a 7 ans, on ne pense pas qu’une amitié se monnaie ! Mon père contrit devant mes larmes ne pu répondre à ma requête, le banquier n’aurait certainement pas envisagé cette relation vénale unilatérale indispensable pour l’éducation d’une petite fille.

Barbie me fit donc entrer de plein pied dans la douce réalité .

                                                                              ∞∞∞

 







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